Vous voulez manger mieux sans tomber dans le piège des régimes ? Commencez par consulter un vrai pro.
Dans la jungle des injonctions alimentaires, entre influenceuses “healthy” et régimes express vendus sur YouTube, il existe encore un espace où les mots “équilibre” et “santé” ont un sens précis. Un cabinet, une table, une chaise. En face, un professionnel diplômé, reconnu par le Code de la santé publique. Le diététicien-nutritionniste n’a ni baguette magique ni poudre de perlimpinpin, mais il écoute, mesure, note. Il commence par là.
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Ce que le mot “diététicien” recouvre vraiment
Impossible d’y voir clair sans démêler les titres. Le diététicien est un auxiliaire médical. Le texte de loi est là : article L4371‑1 du Code de la santé publique. Pour l’afficher sur sa plaque, il faut un diplôme reconnu, un enregistrement au RPPS, et plus de 2 000 heures de formation sur la nutrition, la physiologie, la pathologie.
Le “médecin nutritionniste”, lui, a suivi la voie médicale, avec un complément en nutrition. Il prescrit, diagnostique, ordonnance en main. Et lui seul est remboursé par la Sécu.
Dans les faits, un surpoids sans pathologie, une envie de manger mieux, une grossesse : on pousse la porte du diététicien. Pour les cas lourds, diabète, troubles alimentaires sévères, chirurgie bariatrique : c’est une équipe pluridisciplinaire, médecin en tête.
Rééquilibrage, pathologies, grossesse, sport…
Le prétexte est souvent flou : “je veux manger plus sain”, “je n’arrive pas à perdre”, “je suis fatiguée tout le temps”. La réalité est plus dense. Des maladies chroniques, des intestins irrités, un diabète de type 2. Une grossesse qui déstabilise. Une adolescence compliquée.
Le panel est large, les demandes aussi. Et les guides de la HAS le rappellent : pas de miracle. Des objectifs réalistes, du long terme, du suivi. On est loin des promesses de perte rapide pour l’été.
Comment choisir, combien payer, quoi apporter ?
Il y a les bons réflexes. Regarder si le praticien est bien diététicien – numéro RPPS ou ADELI affiché. Chercher une éventuelle spécialisation. Fouiller dans les annuaires sérieux, comparer les tarifs.
Côté prix, la fourchette s’étale : 55 à 90 € la première consultation, non remboursée par l’Assurance maladie. Mais de plus en plus de mutuelles incluent un forfait nutrition. Certaines proposent 100 à 200 € à répartir sur l’année. D’autres remboursent 30 € par séance, jusqu’à 4 consultations.
Et surtout, ne pas arriver les mains dans les poches. Ordonnances, traitements, bilan sanguin, carnet alimentaire si demandé : tout ce qui peut aider à dresser un tableau juste.
Une consultation en plusieurs temps
On s’installe. Le diététicien commence par écouter. Le motif, souvent plus complexe qu’il n’y paraît. Une prise de poids inexpliquée, un inconfort digestif, une volonté de “reprendre en main” – expression qu’on entend de plus en plus.
Ensuite vient le contexte : antécédents médicaux, traitements, histoire du poids, organisation du quotidien. Cuisine à la maison ou plats tout prêts, horaires décalés ou déjeuner à la cantine. Tout compte.
Puis l’alimentation : horaires, quantités, types de produits, boissons, émotions liées aux repas. Des outils existent : rappel des 24 heures, carnets, questionnaires. Les habitudes se révèlent dans les détails.
Place ensuite aux chiffres : poids, taille, IMC, tour de taille. Parfois impédancemétrie, surtout si on suit un programme sur le long terme. Pas de verdict ici, juste un point de départ.
Le diététicien formule un diagnostic diététique. Pas un verdict médical, mais une lecture croisée des données : trop de sucre, repas sautés, compulsion alimentaire, sédentarité.
Puis on fixe des objectifs. Pas “perdre 10 kilos en 1 mois“, mais structurer les repas, réintroduire un petit déjeuner, apprendre à cuisiner simple. On parle de plaisir, pas d’interdits.
Des outils sont remis : menus types, repères de portions, idées pratiques. Pas une liste à cocher, mais une base de travail. L’approche est collaborative, souvent inspirée de l’entretien motivationnel. On avance ensemble.
Et ensuite ? Le suivi dans la durée
Les recommandations évoquent un rendez-vous par mois au départ. Plus si nécessaire, moins quand les choses s’ancrent. La téléconsultation est là, pour le rythme, la souplesse.
Chaque séance ajuste, décale, encourage. On mesure, on écoute, on relance. Pas de “régime miracle”, mais un accompagnement construit.
Pas de diplôme ? Pas de numéro RPPS ? Attention. L’AFDN et la HAS alertent sur les “coachs” autoproclamés, les discours anti-médecine, les régimes déséquilibrés. Le diététicien-nutritionniste, lui, est encadré. Obligé de se former en continu. Et tenu à une pratique fondée sur les preuves.